Plate-forme de recherche et de diffusion sur les enjeux politiques, sociaux et artistiques des transformations liées à la mondialisation. Parallel Crossings a réuni à Berlin en septembre 2014 designers, architectes, réalisateurs et chercheurs autour d’une programmation internationale de films documentaires et de fiction pour un festival sur l’innovation sociale. Autour de la thématique du développement urbain, la plate-forme s’invite à la galerie du BUISSON pour un ensemble de projections et de débats:

Le droit à la ville est-il recyclable ?

Depuis les années 70, nous assistons à un phénomène mondial : la majorité des habitants de la planète sont des « urbains ». Mais quelle réalité ce terme recouvre-t-il? Peut-on parler de citoyenneté urbaine, de « développement durable » et d’écologie sur fond de crise économique et d’exploitation accélérée des ressources ? Bidonvilles gigantesques des mégapoles du sud, périphéries pauvres laissées à l’abandon et au tout sécuritaire,  « gated communities » des riches et centres villes transformés en galeries marchandes, ou parcs d’attraction touristique. La spéculation immobilière opére désormais à échelle mondiale, et les grands projets bétonnent au nom d’une mythique croissance et de la mise en concurrence de chaque territoire sans considération pour l’environnement.

En 1968, le sociologue Henri Lefebvre définissait le droit à la ville comme une citoyenneté urbaine distincte et indépendante de la citoyenneté nationale, privilégiant les pratiques sociales autonomes qui assureraient les droits élémentaires que sont: le logement, un emploi, la possibilité de bouger et l’accès à l’éducation et à la culture pour tous. Cela signifie une vraie participation des habitants au débat politique local et non la mise en scène d’une démocratie de façade pour entériner des projets développés en amont selon des logiques commerciales.

installation sonore Isabelle BOHNKE

INVISIBLES IMPENSES Mixage sonore à partir de l’ouvrage d’Italo CALVINO « Les villes invisibles»

diffusion samedi et dimanche à partir de 13h.

vendredi 27 février - 20h, DETROIT UNE VILLE EN FAILLITE

Camille GALLARD

What is she going to find on the couch ? 2014, 54’. Deux françaises se rendent aux USA, l’une pour un entretien de travail au Detroit Institute Museum, l’autre pour voyager et rencontrer l’amour ou quelque chose qui y ressemble. Mais, les aléas de la vie, les résistances inconscientes, et la crise économique se chargeront de leur mettre des bâtons dans les roues.

Sidonie ROCHER

Les maisons ont des racines. 2014, 17’, FR

Une jeune femme filme une lettre pour sa mère. Elle écrit, danse et observe Detroit, une ville en ruines qui se relève.

Anna Katharina SCHEIDEGGER, Borei Keila, OK 2013, 52’, Fr.

Le film est un portrait du quartier Borei Keila au centre de PHNOM PENH. Entre 2009 et 2011, on trouve à Borei Keila sur le même terrain les anciens logements sociaux encore habités, parfois évacués et parfois à nouveau squattés, et de nouveaux bâtiments fruits d’un développement urbain rapide. Les habitats informels entre les immeubles témoignent de la pauvreté, suite au génocide puis au retour de la population à Phnom Penh après la chute des Khmers rouges. Ce film décrit la démolition d’une architecture des années 50/60 ainsi que le développement urbain explosif et ses conséquences: évacuation des plus pauvres,  le relogement (ou non) des plus fragiles, avec entre autres des familles atteintes du Sida.

Samedi 28 février - 18h, IN/OUT, RENOVATION / EXCLUSION

Enrico MASI, The Golden Temple, 2012, 70’ It.


Nous suivons le récit de vie de Michael J.Wells, la dernière année avant les jeux olympiques, après la démolition de sa maison dans le chantier de Stratford, mégalopole de Londres. C’est un journal-mémoire non seulement sur la résistance des habitants ou l’émergence de nouvelles manières d’habiter, mais aussi sur un grand événement géo-social. East London et sa variété, sa communauté issue du monde entier offrait une voie pour une nouvelle citoyenneté. Une résistance humaine à la puissance du capital, en opposition aux icônes de West end. Mais le vieil esprit du quartier n’est plus autorisé.

Dimanche 01 mars - 17h, BABEL‘S SPIRIT

Christian BARANI

My Dubaï Life, 2011, 60’,Fr


Avec ce film, Christian Barani met en scène sa plongée sensorielle dans l’univers troublant de Dubaï. Filmant comme à son habitude au plus près des corps de longues séquences envoûtantes, il dévoile derrière l’exubérante illusion de cette ville-Etat et de ses paysages, la réalité d’un monde brutal et sans loi.

L’ancien art du marché est transformé en un opéra bon marché, un syndrome du rythme effréné des voies urbaines, partout les mêmes logos aseptisés, où les êtres humains se changent en flux humains.

Isabelle BOHNKE et Andrea MENDOZA

Débat et présentation du projet BABEL’S SPIRIT, revue itinérante … Cinéma, poésie, développement urbain, géopolitique et résistances. En présence du critique de cinéma et éditeur Abbas Bozkurt.